Raspberry Pi

Voici un petit appareil dont on parle depuis un moment maintenant, et qui attise fortement la curiosité des amateurs de technologie. Le fameux Raspberry Pi, minuscule ordinateur qui tient dans la main, est vendu sous la forme d’une sorte de carte mère suffisamment complète pour être utilisée comme un vrai PC… pour 35€.

Avoue que c’est plutôt tentant. Bon, pour être honnête, tu verras qu’il faut dépenser un peu plus pour faire tourner ce beau gadget, mais j’y reviendrai plus loin.

Ce qui est surtout intéressant, c’est que pour ce prix raisonnable de multiples possibilités nous sont offertes : créer un media center, un serveur NAS, un micro PC à emporter n’importe où… ou tout simplement bidouiller sans prendre trop de risques.

Pour ma part j’y vois surtout l’occasion d’organiser enfin ma bibliothèque multimédia, mais j’en profiterai sans doute pour faire tout un tas de tests. Ne t’étonne donc pas de voir quelques articles sur ce sujet à l’avenir.

J’ai voulu partager mon expérience pour donner un coup de main à ceux qui hésiteraient encore à passer le pas, et bien sûr engager la conversation avec ceux qui ne m’ont pas attendus. Premier article pour te parler un peu de ce qu’il a dans le ventre, les accessoires pour l’équiper, et les premiers logiciels à installer.

Ses caractéristiques techniques en bref

Raspberry Pi matériel

La première chose à retenir, c’est que le Raspberry Pi est disponible en deux modèles, nommés A et B. Pour dire vrai c’est surtout le modèle B qui est intéressant, comportant :

– un processeur ARM 700 MHz,
– 512 Mo de RAM
– lecteur de carte SD
– 2 ports USB
– Ethernet
– HDMI
– prise video RCA
– prise audio jack
– micro-USB pour l’alimentation
– GPIO pour les amateurs d’électronique.

Tout ça pour environ 35€. Le modèle A, vendu aux alentours de 28€, se contente de 256 Mo de RAM, un seul port USB et pas de port Ethernet.

Pour moi vu la différence de prix le B est largement meilleur, surtout avec 2 fois plus de RAM.

Quels accessoires pour le Raspberry Pi ?

raspberry pi accessoires

Ne sois pas dupe, il faudra t’équiper d’un peu de matériel annexe, qui pourrait augmenter nettement l’addition. Tout dépendra de ce que tu as déjà en ta possession.

Je te donne ici mon choix personnel pour chaque type de produit, c’est forcément subjectif mais je me suis attaché à trouver le meilleur rapport qualité-prix. J’ai retenu exclusivement Amazon pour la diversité du catalogue en accessoires dédiés au Raspberry Pi (et le port gratuit et rapide), mais évidemment n’hésite pas à aller jeter un oeil dans ta boutique préférée.

Les indispensables

Sans ces éléments, pas la peine de penser faire tourner le Raspberry Pi :

Raspberry Pi carte SD– une carte SD : elle est très importante, car elle va faire office de « disque dur » pour installer un système d’exploitation. Autant dire qu’il en faut une rapide, mieux vaut se diriger directement vers une carte de classe 10 (bien que le site officiel dit qu’une classe 4 soit suffisante). Facteur à combiner avec la capacité dont tu as besoin : 8 Go seront largement suffisants dans la plupart des cas, surtout si tu branches un disque dur externe sur un port USB.

– une alimentation : et oui, même l’alimentation n’est pas fournie sur ce petit appareil. En réalité il demande simplement un chargeur capable de lui fournir au moins 700mA à 5V, ce qui le rend compatible avec certains chargeurs de téléphones mobiles et tablettes. Attention cependant à ne pas négliger la qualité de l’alimentation.

– un câble ethernet ou un dongle USB Wi-Fi : pour te brancher au web, si tu n’as pas de câble qui traîne au fond d’un placard, n’importe lequel fera l’affaire.

– un câble HDMI : pour relier la petite bête à un écran, le HDMI est l’idéal bien qu’il soit aussi possible d’utiliser un câble vidéo composite.

Les très utiles

Cette fois, tu peux faire marcher ton appareil tout neuf, mais ces quelques éléments peuvent tout de même te rendre de fiers services :

un boîtier : passées les considérations esthétiques (car rien de plus sexy pour le geek qu’une carte mère nue :-p), enfermer son Raspberry Pi dans un boîtier à l’avantage de le protéger des chocs (petite brute), mais aussi de la poussière qui ne se gênera pas pour venir se coller sur les petits composants. 

Un inconvénient est peut-être de dissiper plus difficilement la chaleur, veille alors à en choisir un légèrement ajouré (c’est peut-être ce qui manque sur le mien)

– un clavier sans fil : pas forcément indispensable si tu transforme ton Raspberry Pi en media center piloté à partir d’une télécommande, un clavier peut néanmoins rendre de fiers services. 

Quel tarif au final ? Quid des kits prêts à l’emploi ?

En ajoutant tout ça (sauf le clavier que j’avais déjà), je m’en suis sortis pour 68.50€. Près du double du Raspberry tout seul, mais avoue que ça reste abordable vue les possibilités offertes.

Les annexes

Cette fois, tout dépendra de ton usage :

des dissipateurs thermiques : c’est vrai que ce petit jouet chauffe un peu, ce qui n’est jamais très bon pour l’électronique, alors tu peux l’équiper de minuscules radiateurs à coller sur les 3 puces. Je ne peux pas te garantir l’efficacité, mais disons que ça ne peut pas faire de mal. 

– une télécommande : dans le cas d’un media center piloté depuis le canapé du salon, la télécommande reste l’outil idéal. Miracle de la technique pour ma « vieille » télé LG (environ 3 ans) pour laquelle ma télécommande a pris en charge mon RPi sans que je n’ai aucune action à faire (la magie du HDMI CEC). Tu ferais donc mieux de commencer par vérifier ça. Si ça ne marche pas.

– un hub USB auto-alimenté : 2 ports USB (pour le modèle B), ça suffira dans la plupart des cas (chez moi : le récepteur du clavier et un disque dur externe), mais si tu es un peu juste un petit hub te permettra de t’affranchir de cette limitation. Pense bien à choisir un modèle alimenté, c’est-à-dire à brancher sur le secteur, afin de ne pas puiser la précieuse énergie de ton RPi. 

– un disque dur externe auto-alimenté : pour ne pas dépenser des fortunes en cartes SD et pour avoir sans doute plus de souplesse, la solution du disque dur externe à brancher en USB et sans doute la solution. 

Les extensions

Cette petite machine étant faite pour bidouiller, il existe quelques extensions sympathiques à brancher directement dessus :

une caméra : pour les espions en herbe qui veulent fabriquer leur propre matériel, ou équiper un robot ou un véhicule télécommandé d’une paire d’yeux.

– un mini-écran tactile.

 

Quelles solutions coté logiciels?

Ce mini-PC reste une machine de faible puissance, suffisante pour un tas d’usage mais bien entendu totalement incapable de faire tourner Windows 8 ou ne serait-ce qu’un vieux Windows XP .

Tu me diras que ce n’est pas de la faute du Raspberry Pi, mais de Windows (petit troll).

Mais c’est l’occasion idéale de te frotter à Linux ! Pas n’importe quelle distribution non plus, puisqu’on évitera les plus gourmandes. En fait de gentils développeurs ont créé des adaptations de distributions existantes spécialement pour le petit Raspberry Pi.

Tu trouveras par exemple sur la page de téléchargement du site officiel :

Côté OS « classique » :

– Raspbian, déclinaison de la célèbre Debian, connue pour sa stabilité, qui est je pense à ce jour la distribution la plus utilisée sur le RPi. En tout cas c’est celle dont j’entends le plus parler. Elle a même une sympathique communauté francophone.

– Pidora, issue cette fois de Fedora, dont j’ai beaucoup moins entendu parler mais qui est sans doute à explorer,

– Arch Linux, une distribution réputée pour sa légèreté, j’ai peu d’expérience avec pour pouvoir te la conseiller, mais c’est une autre alternative intéressante.

Côté media center :

On retrouve plusieurs déclinaisons du célèbre service de media center XBMC :

– Raspbmc, une des plus populaire actuellement,

– openelec, une distribution complète dédiée à l’utilisation en media center, basée sur XBMC. Mon choix personnel après de nombreuses lectures, bien que je ne sois pas persuadé qu’il y ait de grande différence avec les autres solutions.

– mais aussi Xbian, une autre déclinaison.

Note que tu peux parfaitement ajouter XBMC à une distribution classique. Je n’entrerais pas dans le détail aujourd’hui de toutes ces possibilités, je pense que j’en ferais des articles dédiés.

A noter également l’existence de RISC OS pour sortir du monde de Linux, et certains se sont visiblement essayé à Android, voir même à du streaming de jeux Steam.

Si jamais tu as connaissances d’autres projets intéressants n’hésite pas à compléter en commentaire.

Prise en main et installation

Première surprise une fois reçu, si tu n’en as jamais vu : c’est vraiment petit ! La carte tient complètement dans la main et ne pèse rien, on se doute qu’elle pourra se faire oublier et être utilisée à un tas d’endroit.

Une fois le matériel en main, la première étape va être d’installer le système d’exploitation que tu as choisi sur la carte SD. Cela va se passer à partir d’un ordinateur (donc équipé d’un lecteur de carte SD), et je ne vais pas te refaire toute la procédure mais t’invite à aller jeter un oeil à la documentation officielle du RPi si tu es à l’aise avec l’anglais, ainsi que celle de ta distribution, cette méthode en français pour Windows et son équivalent Linux (centré sur Raspbian), ou encore ce guide du débutant.

Un des avantages de cette installation sur carte SD peu onéreuse et de pouvoir en avoir plusieurs équipées de systèmes différents, pour pouvoir switcher facilement d’un système à un autre.

Une fois la carte prête, tu n’auras plus qu’à tout brancher, insérer la carte SD, allumer ton écran et sélectionner le bon port HDMI dans le cas d’une TV qui en comporte plusieurs, puis alimenter ton Raspberry Pi (et oui, pas de bouton « power »). Tu auras quelques écrans de configurations à passer (variables selon l’OS choisis) puis tu arriveras sur l’écran d’accueil de ton système.

Pour ma part l’écran de ma TV ne voulait pas se mettre en route au début, et après plusieurs essais une étape de débranchement / rebranchement complète a fini par faire fonctionner l’ensemble. Les mystères de la technique.

Une fois démarré, j’ai simplement eu à régler la résolution de mon écran de TV pour que l’affichage soit parfait, et c’est tout !

Le plus gros du boulot ensuite est de configurer son système à son goût, mais ça ce n’est pas spécifique au Raspberry Pi.

Je ne m’attarderai donc pas aujourd’hui, car dans un prochain article je te parlerais plus longuement de l’utilisation de la bebête comme Media Center.

 

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